Millau, Mende et Rodez

de | 5 novembre 2007

Le viaduc de Millau : le plus grand pont suspendu du monde : c’est une bonne destination pour pilote en manque d’inspiration … Par contre faut-il réussir à y aller. Avec mon copi préféré (et unique !), on a déjà du annuler deux fois cette destination. La première fois a cause de la météo et la seconde fois a cause du potentiel avion un peu faible … Nous avons deux passagers pour ce vol : mon père et un photographe (d’ailleurs toutes les photos sont de lui) : Guillaume.

L’avion est réservé depuis longtemps et la semaine avant le vol, le potentiel est un peu limite. L’histoire se répétera t-elle ? Heureusement, grâce au mauvais temps, on a 5h00 de potentiel, soit 30 min de marge.

La navigation est la suivante : départ de Biarritz pour Mende avec entre temps un survol du viaduc de Millau. Ensuite, restaurent à Mende (étoilé par la PilotList) puis on va vers Rodez refueler. Retour en vol de nuit entre Rodez et Biarritz.

Le matin, je me lève vers 8h00 et les premiers TAF et METAR sont conformes aux prévisions de la vieille : brouillard plafond très bas. Heureusement à Biarritz il fait aéronautiquement beau. Apres un rapide « briefing » par téléphone avec le CdB de l’aller (mon copi préféré), on décide que c’est un GO.  Rendez vous à 9h30 à l’aéroclub.

Comme la dernière fois j’ai tout préparé, cette fois ci, je ne prépare rien (de l’avion je veux parler). J’arrive, on imprime les derniers TAF, METAR, vents/tempé et TEMSI. Et on part faire l’essence et on décolle. La nav de nuit sera décidé au dernier moment en fonction de l’évolution des nuages et des visibilités.

La croisière est prévue au 55. A Biarritz c’est beau mais devant c’est brumasseux vers le sol. D’ailleurs un avion du club partit pour Aire fait demi-tours cause météo. Comme nous allons loin devant et assez en hauteur (Mende étant à 3300ft), les brumes n’y sont pas installées. Par contre cela nous permet de voler On Top. Et assez longtemps. Car nous avons entre 15 et 30 kts de vent de face. Ce qui fait que nous n’avançons pas trop. Mais pour une fois que ce n’est pas moi qui subit le vent de face je profite du paysage. Au 55 on a quitté l’inversion de température qui génère tous ces brouillard et on a une magnifique vue sur les Pyrénées.

On passe avec Pyrénées Info (à qui nous avons dit que nous transpondions 1013 … Pourquoi pas … Mais c’était le réglage de l’altimètre et 7000 c’était le transpondeur). Le On Top c’est bien, mais à force c’est long (on aurait pu couper GPS et VOR et ce serait devenu drôle 😉 Je m’amuse donc avec le GPS : je rentre le retour de nuit, je m’amuse avec les trips fuel et autre gadget  qui une fois maitrisé sont utiles (donc ce ne sont pas des gadgets). D’ailleurs le GPS trouve le même vent que mes calculs de tète … Il n’est pas si mauvais que cela !

On arrive avec Toulouse Info pour une verticale TOU. A cause du brouillard on est 2 ou 3 sur la fréquence … Quel vide ! Aucun départ IFR de Blagnac, donc la DCT TOU est maintenue. Sur la droite de l’appareil, la ville rose (quand on aura de l’infra rouge on pourra mieux voir lol) :

Puis on arrive vertical Graulhet (que l’on ne verra pas) puis enfin quand la terre s’élève un peu on commence à voir un peu de sol.

Et enfin, on passe en condition CAVOK. Avant d’aller au viaduc, il y a les gorges du Tarn et du Lot. Le vent étant pas trop fort (mais quand même la), on descend mais pas totalement. De plus avec les câbles électriques et les vautours faut pas être trop bas … Paysages somptueux !

Et enfin, le but de notre navigation arrive sous nos yeux. On peut dire que l’architecte (et tous les gens ayant travaillé pour cette construction) ont vraiment réussi leur boulot : c’est joli, cela se mélange très bien avec le paysage …

Apres 3 tours (en plus on était seul au dessus), on se dirige vers Mende. Le terrain a l’air sympa : 1300m de pistes avec un TDP à 4400ft. Ce n’est pas un altiport, mais ca change de Biarritz. Quand on arrive verticale, on remarque que le seuil 31 « plonge » dans le vide ! Encore une fois rien d’anormal mais ca change de nos 2250 m ! Alex choisit la 13 et on fait notre tour de piste. Finale puis posé (et pas cassé), on remonte la piste et on va manger. Car avec ce vent, on a mis 2h30 …

Apres s’être ressourcé, on demande à un membre du club local si on peut avoir la météo : c’est possible. Les TAF sont plus pessimiste que ce matin … Le vol de nuit semble compromis. Je pars juste avec mon père pour une petite séance de mania. Décollage en 13 puis une PTU. Réussi ! Touch puis une PTE en 31. La faible composante arrière (non détectée), et les repères visuels assez différent me font arriver très très haut : même volet tout descendu et la glissade ne me feront pas avoir la piste dans des conditions de sécurité acceptables : je symétrise le vol et rentre les trainées : passage bas suivi d’un tour de piste normal en 31.

On récupère nos deux « terriens » et on décolle sur Rodez. Le vol est assez court et c’est direct. J’ai même la carte dans les mains ! On se croirait presque au TAJP (fiche de briefing en moins). Je trouve Echo puis c’est une semi-directe pour la 31 à Rodez. Je pars ravitailler tandis qu’Alex va chercher une météo. Le dernier TAF de Biarritz est trop limite … Peut être que cela passerait mais peut être que pas … Dans le doute, on rentre en vol de jour. Je conserve la même navigation que prévu : LFCR DCT GAI G5 AUCHE G17 BTZ. Heu bien sur en VFR …

Apres décollage je vire donc sur GAI en montée vers le FL85. Passant le 65, la GS commence à diminuer, donc je m’arrête au 65. On a 160 kts sol. Si le vent reste comme tel, on sera à Biarritz 30 min avant la nuit aéro (donc au couché de soleil). On arrive avec Toulouse Info. Le transit est à demander à l’APP 129.3 (comme sur IVAO !). Un AGN DCT BTZ est approuvé au FL80. On passe 114.8 au VOR et on monte. Puis la GS s’étant un peu réduite, je redemande le FL60. Re approuvé … Au mois cela occupe. Les teintes rosées commencent à arriver. On pourrait perdre tous nos moyens de navigation (GPS, VOR, compas, …) que ce ne serait pas un problème : la route c’est dans le soleil ! Calcul du TOD … Avec Pyrénées, y’a un TBM700 en PLN Z qui a décollé d’Aire. Il est rapidement au FL 160 … J’aimerai bien l’imité !

Puis on passe avec Biarritz. Quelques nuages au piémont Pyrénéens commencent à se faire voir. Je demande à Biarritz la dernière base des nuages afin de finir en vol de nuit si besoin … SCT 1800ft donc ca passe (il faut aucun nuage sous 1500ft). On part vers les nuages … Ou comment assister à 20 couché de soleil en 10 minutes. On monte et descend entre les nuages … C’est magnifique.

Puis vient le temps de rentrer … On passe sous la couche, changement de lunette … On reste proche des montagnes alors il faut encore faire gaffe. La dernière colline a d’ailleurs été un peu oubliée, mais y’a encore de la lumière et on la voit bien.

On passe en semi directe, puis finale. A 300 ft on est deux crans, 140 km/h (finale rapide …) et stabilisé. Atterrissage, la seconde à gauche et on quitte …

Au final on aura réussi à se faire cette navigation !

Le lendemain en regardant les METARs, le vol de nuit serait réglementairement passé … Mais il aurait fallu passer une couche de SCT et si la lune n’aurait pas suffisamment éclairé les nuages, on  aurait eu une probabilité de 3 à 4 sur 8 de passer IMC … Avec une tempé de 6/7° … Rien de réjouissant ! Mais on a trouvé notre prochaine navigation : un aller / retour Madrid sur deux jours entre Noel et le jour de l’an. Avis aux amateurs …

4 réflexions au sujet de « Millau, Mende et Rodez »

  1. Ton copi préféré

    Encore une super nav à notre actif !! Vivement Madrid à Noël , et bravo pour le récit !

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