Du Cap Nord à Trondheim – 1300 km le long des fjords Norvégiens

de | 24 novembre 2016

L'équipe est coupé en deux : deux équipages sont au Cap Nord et l'autre à Alta. Ce qui précède à lire ici.

Le lendemain on va enfin aller voir ce célèbre Cap Nord ! Levé assez tôt (on ne peut pas dire aux aurores, car cela fait bien longtemps que le soleil ne se couche plus et je peux vous assurer qu'à deux heures du matin c'était très lumineux). Petit coup de tel à l’équipage du Cirrus pour savoir s’il veut nous rejoindre, car il fait aéronautiquement beau mais ils préfèrent rester sur Alta. Nous allons donc au Cap Nord avec notre mini-bus, et on ne peut pas se perdre : c’est fléché partout.

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Après 30 minutes de voiture nous y arrivons, et il faut se délester en gros de 25 € par personne… Le parking des camping-cars est énorme et on se dit que par beau temps il doit être plein ! On n’a pas franchement beau temps puisqu’une très légère pluie nous accompagne et on ne verra pas le soleil de minuit, mais qu’importe ! On est au Cap Nord : 71°10’16"N – 25°46’56"E.

Photo de groupe et petit photo montage avec le GPS et je me mets en polo pour exhiber les couleurs de l'aéroclub (et je rabille car il fais un peu frais).

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D’ailleurs il y a même un piano et Alain nous ferra une démo !

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Mais on ne s’attarde pas trop car au vu de la météo, cela ne sert à rien de rester longtemps et nous sommes motivé à dormir ce soir à … Trondheim qui est 700 NM plus au sud … Il est déjà midi quand on quitte le Cap Nord mais l’avantage c’est qu’on ne se préoccupe pas de la nuit aéro, il faut toujours jours.

On vérifie un peu ce qu’on peut faire niveau carburant et avec le vent prévu, de face, deux stops semblent obligatoire pour le Cessna. Cela va être un marathon d’avions : 3 plans de vols à faire par avion, 2 stops carburant et 700 NM (1 300 km).

Par contre la météo est avec nous (enfin pas le vent car nous aurons entre 10 et 30 kts de face).

Arrivé au terrain d’Honningsvåg, un employé nous accueil en chaussette ( ! ) et on réquisitionne leur table de cuisine pour le briefing.

La machine commence à être bien huilée, du moins pour le Cessna. Les plans de vols sont déposés en 10 minutes. C’est l’ajustement des horaires qui est le plus compliqué. Sachant que les contrôleurs peuvent avoir le plan de vol d’une heure avant l’heure prévue de départ à 30 minutes après. Faut bien viser dans ce créneau pour que cela soit fluide. Et quand y’a des haltes carburant ce n’est pas toujours évident de bien anticiper. Heureusement sur le site du SIA local on peut en deux clicks retarder un plan de vol (et leur site mobile est top pour cela). Du côté du DR400 cela semble un peu plus compliqué car comme ils sont trois pilotes la communication entre eux est plus compliqué. La route prévue est donc Honningsvåg – Tromsø – Bodø – Trondheim.

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Après la traditionnelle séance de chargement des avions (mais on est de plus en plus léger puisque une partie des vivres a été mangé) nous partons. Il doit être dans les 14h. Bien sûr nous survolons le Cap Nord qui n'est pas sous les nuages comme hier.

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Puis rapidement le temps se découvre totalement et nous voyons les Alpes de Lyngen qui nous décidons de survoler.

Là c’est vraiment magnifique. Nous sommes vers 6 000 ft et nous voyons les glaciers et également d’énormes névés. On pourrait presque encore skier à quelques endroits 😉 Extrait des plus belles photos qui valent mieux qu’une description (alors j’ai tout mis, n'hésitez pas à cliquer dessus pour voir en grand). C’est de loin les plus beaux paysages que je n’ai jamais vu en avion !!!

 

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L’arrivée sur Tromsø est également super car la ville est au milieu d’une île et les montagnes aux alentours montent entre 2000 et 3000 ft. Comme la veille à Alta, un contre QFU nous irait bien. Je négocie avec l’approche mais ce sera à voir avec la tour en fonction des arrivées et départ du moment. Nous sommes autorisé à rentrer dans la CTR et je passe avec la tour.

La un 737 va décoller et on est à contre-sens donc pour le moment pas de directe sur le terrain. Dès que j’ai visuel je peux procéder pour une base main gauche 19. Posé sans problème et on roule à l’essence. On a choisi des terrains qui ont des automates, comme cela on perd le moins de temps possible. Dommage car je resterai bien un peu pour me perdre dans les montagnes. On finit le plein de carburant quand le DR400 arrive. Petite discussion entre nous, eux sont resté plus bas sans monter au-dessus des montagnes.

 

Nous remettons en route et direction Bodø. Là encore c’est un vol extraordinaire ! Tant qu’on est avec la tour, on entend que le DR400 a un petit souci de plan de vol. Je me disais bien aussi que vu le niveau de clarté entre les pilotes à Honningsvåg ça aurait été bizarre que tout se passe bien du premier coup 😉  Mais juste avant d’être envoyé avec Norway Control, on entend le DR400 qui décolle ! Ouf !

Les îles Lofoten sont au large, nous n’avons malheureusement pas trop le temps de s’aventurer dedans mais c’est vraiment de toute beauté !

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L’arrivée à Bodø est rapide et cela fait la deuxième fois qu’on s’y pose, on commence à connaître (et ce sera d’ailleurs le seul aérodrome du voyage où on pose deux fois les roues, sans compter les rebonds bien sûr). Cette fois ci il y a du monde au sol pour nous accueillir.

Comme d’habitude, en bon français, on n’a pas de gilets jaune sur nous, on a donc le droit à notre petite remarque…

On fait rapidement le plein et c’est repartit. Pas de nouvelles du DR400.

Juste après décollage il y a un peu de monde sur la fréquence dont un autre Cessna qui arrive du sud (là où on va) donc cela occasionne un peu de discussion sur la fréquence. Et juste avant d’être envoyé à l’approche, on entend le DR400 qui arrive.

C’est cette branche qui va être longue : en gros 25/30 kts de vent de face prévu jusqu’à Trondheim. Skydemon ne nous donne pas réellement de niveau optimal pour minimiser le vent de face. Si on va par « en bas » aux pieds des montagnes à l’entrée des fjords on aura peut-être à des moments moins de vent mais la route est un peu plus longue.

On décide de monter et d’opter pour la route directe.

On oscille entre 85 et 90 kts sol et des fois moins. La durée du vol restante n’a pas l’air de vouloir diminuer… Avec Philippe on alterne les phases de "Pilot Flying" car sans pilote automatique, c'est un peu long. Cela fait 6 heures qu'on est dans l'avion et on commence à fatiguer. Heureusement, pas de problèmes de nuit aéronautique. Malgré le fait que ce soit un peu couvert, il y a encore de beaux paysages.

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Quand le DR400 arrive sur la fréquence de Norway Control, on comprend qu’il est plus bas et donc plus proche de la mer. Petit message entre nous pour connaitre sa vitesse sol (ni eux, ni nous avons de seconde VHF donc faut demander à Norway Control de passer un message) : ce n’est pas mieux du tout, et peut-être pire.

Après 7h30 de vol, il va falloir poser le Cessna. Et l’ATIS n’est pas des plus optimistes car la piste étant perpendiculaire à notre route tout le vent de face va se retrouver de travers. Actuellement 20 à 30 kts de travers et jusqu’à 35 kts à 670 ft de hauteur (info souvent donné en Norvège, le vent à quelques centaines de pieds). Nous descendons dès qu’on peut pour rester assez bas et essayer de minimiser le vent de face, mais si on va trop bas cela turbule vraiment trop. Alors on cherche le compromis.

Grace à ces descentes en palier, des fois, on dépasse 90 kts sol !

Il est 21h, la luminosité n’a pas baissé ou alors trop peu pour s’en rendre compte, et je me prépare à poser le Cessna avec 25 kts de travers.

On est pas tout seul et je ne peux pas trop faire une vraie directe vers la base, mais après plus de 3 heures depuis Bodø on arrive en finale. Comme prévu on a une belle dérive et on ne posera que volet vers 15°. Ce n’était pas le plus beau de mes atterrissages, mais on est posé. Le DR400 étant encore loin, on va aller à la pompe à essence qui est tout au bout de l’aérodrome pour ensuite aller rouler dans une sorte de parking désaffecté qui est de l’autre côté de la piste.

Le vent étant prévu fort avec des risques d’orage on va arrimer les avions. Le problème c’est que les corps-morts sont éparpillé sur le parking et en trouver 4 (deux par avions) ressemble aux 12 travaux d’Hercule.

Le DR400 arrive quand j’ai fini de trouver et ramener le 4ième corps-mort (deux pour nous et deux pour le DR400) et rapidement après un mini bus nous amène à la sortie… Qui ressemble plus à une sortie de prison qu’une sortie d’aérodrome. Et ce sont les retrouvailles avec l’équipage du Cirrus qui nous attends à la sortie !

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Le Cirrus étant arrivé bien avant nous, ils nous ont trouvé un hôtel à 5 minutes à pied (encore un Scandic, on ne se refait pas). Nous sommes tous crevé donc on va rapidement manger (enfin beaucoup manger ce ne sont que des buffets à volonté) et se coucher sans demander notre reste !

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Sur la vidéo des plus paysages cela prend une bonne partie de la vidéo ! C'est vraiment à voir !

4 réflexions au sujet de « Du Cap Nord à Trondheim – 1300 km le long des fjords Norvégiens »

  1. Jean-Michel MEISSONNIER

    Sans voix !!!

    Mais on est déja sur le retour sniffff

    Un récit qui me redonne envie de voler , c’est rare !!
    merci

    Répondre
    1. Antoine Auteur de l’article

      Bonjour Jean-Michel,

      Merci ! Y’a encore quelques récit avant de revenir à Villeneuve sur Lot. Faut avouer que les deux derniers sont les plus « intenses » du voyage et ce pourquoi on est venu de si loin…
      Antoine

      Répondre
  2. Hervé LEROUX

    Salut Antoine,

    Quel magnifique vol, j’ai fait ce voyage au sol, et c’était déjà fabuleux.
    Préviens moi si t’y retournes, je prépare déjà la nav :-p

    Répondre

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