Sylt – Villeneuve sur Lot avec un déroutement météo

de | 12 décembre 2016

A lire juste avant : notre vol entre Bergen et Sylt qui marque le départ de la Norvége. A lire ici. Et la vidéo se trouve tout en bas du récit, la récompense pour ceux qui auront tout lu 😉

Réveil assez tôt (mais pas trop car l’aérodrome n’ouvre pas aux aurores (y’en a maintenant : le soleil se couche !!!)) et on s'est déjà fait avoir une fois. On dépose les plans de vols à l'hotel (comme d'hab) mais en utilisant Olivia. On verra bien si cela fonctionne. Après le petit-déjeuner et un quasi incident diplomatique (une sombre histoire d'erreur de porte et de femme nue) on reprend nos vélos vers le terrain.

Maintenant qu’on a plus d’expérience et que chacun connait bien son avion en terme d’autonomie, on a choisi de faire qu’un seul stop essence pour aller jusqu’à Villeneuve et c’est Verdun qui est prévu. Mais la météo n’est pas « grand beau » et du plafond bas existe sur les Ardennes et le nord-est de la France, mais c’est prévu de se lever.

On arrive au terrain et comme prévu la tour est fermé (ouverture à 10h). Par contre on peut appeler la tour : et la pas de plan de vols… Vive Olivia ! Alors je reprends mon compte chez DFS (l'équivalent allemand du SIA), on re-pose les plans de vols, et 5 minutes plus tard le contrôleur les a ! On paye les taxes (assez cher : 30 € pour 1 tonne, 55 € pour 1,15 tonnes et 85 € pour le Cirrus).

Les allemands ne rigolent tellement pas avec les gilets jaunes que même les chiens sont bien équipés !

On charge (pour la dernière fois) les avions et c’est partit. Je suis le premier à rouler, on remonte une piste et le contrôleur fait n’importe quoi : une fois qu’on est aligné sur la piste (l’entrée se fait au seuil opposé), il fait remonter un autre avion (allemand) et nous le fait passer devant nous par une raquette / taxiway et nous demande de le suivre. Si ce n’est pas de la préférence… Enfin, il s’est quand même excusé, on est finalement autorisé à décoller et là je l’énerve un peu… On avait une clairance sur un itinéraire qui est 1 NM au large des côtes (cause anti-bruit) et je suis un peu resté le long de la côte… Il n'avait qu’à ne pas m’énerver au sol 🙂

Ensuite la route est « tout droit ». On passe entre les CTR de Dortmund et Düsseldorf, on n’a pas essayé de monter : pas de mode S et météo incertaine.

Mais à voir les METAR sur les terrains devant, ce n’est pas beau, et ça ne passera pas ou du moins mieux vaut ne pas tenter. Le Cirrus s’est déjà dérouté sur Cologne, mais ce terrain est tellement grand que je crains la complexité administrative et les taxes… Le Robin aura l’essence pour ensuite repartir, nous un peu moins, alors je cherche un terrain avec 100LL. Et assez vite car devant on ne peut plus continuer : plafond qui descend et montagne qui monte. Je trouve un terrain : EDRA qui est juste au sud de Cologne : piste en dur de 488 m et une piste en herbe de près de 1000 m. Donc c’est confortable.

Avec Langen, je quitte « rapidement » en indiquant le déroutement et clos le plan de vol. On est en vent arrière du terrain quand on passe sur la fréquence, un petit message et on est en finale. Les 500 m en dur sont largement suffisant et on est posé. Le DR400 déroute également à cet endroit.

Une fois posé, c’est un terrain fantôme : tout est fermé (restaurant, club, …) ! On n’a rien. Le pilote du Cirrus nous appelle, il est bien posé à Cologne et nous juste au sud. D'ailleurs nos plans de vols sont pas trop clos, on a peut-être quitté la fréquence un peu rapidement…

De toute façon il faut attendre que la météo s’améliore pour pouvoir passer la frontière.

Au bout de 30 minutes une voiture arrive et un des pilotes du Robin, qui n’a pas fait d’allemand depuis 20 ans nous sauve ! On peut avoir de l’essence !!! Et le meilleur, la femme de la personne qui vient d’arriver est française et arrive.

Cela nous permet de discuter le temps que la météo s’améliore. On redépose des plans de vols et on ira à Chambley pour le refuel car le prix de la 100LL est 50 cts plus cher que de l'autre coté de la frontière. On ne rajoute qu'une heure dans les ailes et le Robin a tout ce qu'il faut.

Dès que cela devient VMC à Luxembourg on repart. Les 500 mètres de piste en dur seront largement suffisant pour les 210 ch du Cessna et juste suffisant pour les 160 ch du Robin (mais rassurez-vous, ensuite y'avait encore 500m d’herbe).

On transit ensuite entre 500 et 1000 ft sol le temps de passer le relief au sud de l’Allemagne, on passe avec Luxembourg pour un transit (on arrivera même à être à 2000 ft sur l’outer-marker de l’ILS) et ensuite, après 9 jours de vol et près de 35 heures d’avion, on reparlera français à la radio !

A Chambley c’est également vide sur la fréquence mais il a du se passer quelques chose la vieille : plein de monde range plein de chose. On apprendra que c’était un meeting : les freeflight world master. Toujours un petit moment de doute quand on voit plein de camion sur les taxiway … Aurai-t'on loupé un NOTAM (de ceux du genre aérodrome fermé noyé au milieu de 200 éoliennes, quelques zones d'aéromodélisme et des grues en pagailles). Mais non, le terrain était bien ouvert 😉

Essence très rapide et on repart en ligne droite vers Villeneuve sur Lot. Ce sera le dernier vol. Il faut pas mal « négocier » pour avoir les meilleurs (en fait les moins pires) vents. Donc on monte, on descend, on remonte … Mais cela est payant par rapport au DR400 qui est resté au FL65 tout le vol. La traversée de la France se fait sans problème, on passe entre Paris Info, Seine, Avord, Limoges et enfin on arrive à Villeneuve sur Lot. Mini crochet par Peyrelvalde, petit terrain privé au milieu du plateau des milles vaches ou j’ai été une fois y'a "longtemps" (et heureusement, de nos jours j'aurais perdu ma licence).

A l’arrivée on fait, comme il se doit un petit passage, c’est la tradition ! Et on va va garer l’avion au parking devant le club. Comme on est les premiers (la classe quand même car on a l'avion le plus lent 😉 on peut prendre en photo l'arrivée des deux avions.

Je savais qu’un barbecue était prévu, mais on se retrouve à près de 35 ce soir ! Une soirée super sympa organisée par ceux du club qui étaient la ! La lumière est top, cela permet de faire quelques photos sympa.

L'équipage du MM : David, Ayrton et Alain

 

L'équipage du Cirrus : Daniel et Josiane

 

L'équipage du QN : Annie, Philippe et moi

 

Toute l'équipe au complet !

 

Petit BBQ comme on sait bien les faire à Villeneuve … Avec les avions norvégiens au fond !

Le plus marant, le lendemain je regarde mes messages et j'ai un BRIA du Nord-Est qui me dit que mon plan de vol Sylt – Verdun n'étais pas clos. Heureusement que je ne les aient pas eu en direct… Car c'est le plan de vols passés par Olivia, jamais visible à Sylt et surtout jamais activé … Bref, faudrait vraiment que la France s'améliore sur sa gestion des plans de vol !

Au final, c’est presque 40 heures de vols, 9 jours, 8 000 km en vol et 16 terrains différents pour les chiffres principaux de ce voyage extraordinaire !

La trace de tous nos vols :

En plus, la destination de l’an prochain semble toute trouvée : Ecosse et Irlande. Il parait qu’il y a une piste de sable, cela a l’air très intéressant 😉 Mais chuuuut, c’est pour l’an prochain ! Pour ceux qui veulent des détails techniques (comment, pourquoi, combien, …) sur le voyage, rendez-vous sur cette page.

 

Et pour finir tous ces récits, une courte vidéo de quelques instants de vols ! J'espère que vous avez pris du plaisir à lire nos avantures et j'espère vraiment que plus de pilotes iront la bas ! Ce voyage vaut vraiment le coup !

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